Vous êtes dirigeant ? La campagne de déclaration des revenus 2025 est ouverte depuis le 09 avril 2026.
Et comme chaque année, les mêmes questions reviennent : Ai-je bien tout déclaré ? Mes informations sont-elles exactes ? Est-ce que je passe à côté d’une économie d’impôt ?
De nombreux dirigeants valident leur déclaration trop rapidement en se fiant aux données préremplies, mais celles-ci peuvent comporter des éléments incomplets ou erronés.
En tant que dirigeant, votre déclaration est un carrefour fiscal. Elle concentre à la fois :
- Vos revenus professionnels
- Votre rémunération de chef d’entreprise
- Vos éventuels dividendes
- Votre patrimoine
- Et votre situation personnelle
Rien de tout cela n’est automatique, tout mérité d’être vérifié.
Focus dans cet article, sur l’essentiel à maîtriser pour aborder votre déclaration de revenus 2025 avec sérénité.
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Déclaration de revenus 2025 : les dates à retenir absolument
Avant tout, le calendrier. La déclaration en ligne, via votre espace personnel, est obligatoire.
Voici les dates limites pour 2026 :
- 19 mai 2026 à 23h59 : date limite pour la déclaration papier (réservée aux personnes sans accès à internet)
- 21 mai 2026 à 23h59 : en ligne, pour les départements 01 à 19 et les non-résidents
- 28 mai 2026 à 23h59 : en ligne, pour les départements 20 à 54
- 4 juin 2026 à 23h59 : en ligne, pour les départements 55 à 976
Attention : tout retard entraîne une majoration des impôts.
- Bonne nouvelle en revanche : vous avez la possibilité de modifier votre déclaration jusqu’à une certaine date limite. Puis, après réception de votre avis d'impôt, un service de correction sera ouvert de mi-août à mi-décembre 2026.
Une seule déclaration, mais une lecture globale de votre situation
Concrètement, vous ne déposez qu’une seule déclaration de revenus. Mais celle-ci est structurée en plusieurs parties selon votre situation.
La base, c’est le formulaire principal 2042. À cela s’ajoute des formulaires complémentaires selon votre situation :
- La 2042 C PRO : pour vos revenus professionnels si vous exercez une activité indépendante (BIC, BNC, BA) ou si vous êtes gérant majoritaire de SARL
- La 2042 C : pour les revenus complémentaires (de capitaux mobiliers, plus-values, certaines réductions d’impôt)
- La 2044 : pour les revenus fonciers
Les données préremplies par l’administration fiscale ne sont pas garanties exactes. Ce point est essentiel : une erreur non corrigée engage votre responsabilité.
Votre situation personnelle impacte aussi votre impôt
Votre impôt ne dépend pas uniquement de ce que vous gagnez. Il dépend aussi de votre situation personnelle, ce qu’on appelle en fiscalité « votre foyer fiscal ».
- Êtes-vous marié, pacsé, célibataire ?
- Avez-vous des enfants à charge ?
- Un enfant majeur rattaché à votre foyer ?
- Un parent invalide vivant chez vous ?
Tous ces éléments déterminent votre quotient familial, et donc le montant final de votre impôt. Un changement survenu en 2025 (mariage, naissance, séparation…) doit donc être correctement renseigné.
Revenus professionnels : l’endroit où se concentrent la majorité des erreurs
C’est le cœur de votre déclaration en tant que dirigeant, et c’est ici que les erreurs sont les plus fréquentes, et les plus coûteuses. La façon dont vous déclarez vos revenus dépend directement de votre statut juridique.
Vous êtes dirigeant assimilé salarié (SAS, SASU…) ?
Votre rémunération fonctionne comme un salaire. Elle est en principe préremplie en ligne 1AJ (ou 1BJ pour votre conjoint) dans la section « Traitements et salaires ». Elle provient de la DSN (déclaration sociale nominative) transmise par votre entreprise à l’administration.
- Vérifiez toujours : en cas de cumul de mandats, de changement de statut en cours d’année, d’avantage en nature non déclaré (véhicule de société, logement…) ou de primes exceptionnelles, le prérempli peut être incomplet ou erroné.
Vous êtes gérant majoritaire (SARL, EURL à l’IS) ?
Vous êtes imposé comme un salarié (avec abattement forfaitaire de 10 % ou déduction des frais réels), mais votre rémunération n’est pas déclarée dans la même ligne.
Elle se renseigne en ligne 1GB (« Revenus des associés et gérants »), et non en 1AJ. Cette case n’est pas préremplie, vous devez la renseigner vous-même à partir de votre fiche de rémunération ou des données transmises par votre comptable.
Attention : confondre la 1AJ et la 1GB, c’est risquer une double imposition ou, à l’inverse, oublier de déclarer une partie de vos revenus.
- Cette année, la déclaration de revenus intègre un nouvel élément dans le volet social DRITI permettant notamment aux gérants majoritaires de déclarer directement les informations servant au calcul de leurs cotisations sociales (revenu brut social et dividendes soumis aux cotisations sociales).
Vous êtes entrepreneur individuel (indépendant BIC, BNC, BA) ?
Vous devez déclarer votre résultat fiscal et non votre chiffre d’affaires, c’est-à-dire ce qu’il reste après déduction de toutes vos charges professionnelles.
Cette déclaration se fait via la 2042 C PRO, dans la catégorie correspondant à votre activité :
- BIC (bénéfices industriels et commerciaux) : si vous exercez une activité commerciale, artisanale ou industrielle
- BNC (bénéfices non commerciaux) : si vous exercez une profession libérale, une activité de conseil ou une prestation intellectuelle
- BA (bénéfices agricoles) : pour les activités agricoles
Dividendes : bien choisir son imposition
Si votre société a distribué des dividendes en 2025, vous devez les intégrer à votre déclaration. Ce n’est pas automatique : votre société a peut-être prélevé un acompte, mais la déclaration reste obligatoire.
Par défaut, les dividendes sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 31.4 % » (contre 30% en 2025). Ce taux, applicable à partir du 1 janvier 2026, comprend 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18.6 % de prélèvements sociaux.
Vous avez aussi la possibilité d’opter pour l’imposition au barème progressif ce qui peut être intéressant si votre tranche d’imposition est faible (en dessous de 30 %). Cette option s’applique à l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l’année, pas seulement à une partie.
Bonne nouvelle : vous pouvez choisir le barème cette année et revenir au PFU l’année suivante. Ce qui vous donne plus de flexibilité selon l’évolution de vos revenus.
- Point spécifique aux gérants majoritaires de SARL (Entrepreneurs Individuels soumis à l’impôts sur les sociétés) : les dividendes qui dépassent 10 % du capital social, des primes d'émission et des apports en compte courant sont soumis aux cotisations sociales TNS en plus de l'impôt. Sur le plan fiscal, ils restent déclarés comme des revenus de capitaux mobiliers. Sur le plan social, la partie excédentaire est traitée comme du revenu d'activité.
Revenus du patrimoine : ne rien oublier
En tant que dirigeant, vous avez sans doute construit un patrimoine en parallèle de votre activité. Ces revenus doivent tous figurer dans votre déclaration.
Vous percevez des loyers (location non meublée) ?
Ces revenus entrent dans la catégorie des revenus fonciers.
Deux régimes existent :
- Si vos loyers bruts ne dépassent pas 15 000 € par an, vous bénéficiez du régime micro-foncier, avec un abattement automatique de 30 %.
- Au-delà, ou sur option, vous passez au régime réel, qui vous permet de déduire vos charges réelles (travaux, intérêts d'emprunt, frais de gestion...).
Vous avez vendu des actions, des parts de société ou un bien immobilier ?
Les plus-values doivent être déclarées selon leur nature (mobilier ou immobilier) et de la durée de détention.
Pour la vente de titres de votre propre société lors d’un départ en retraite, un abattement de 500 000 € existe (sous certaines conditions), et il est prolongé jusqu’au 31 décembre 2031.
Vous avez un contrat d'assurance-vie ?
Les rachats partiels ou totaux génèrent des gains à déclarer. Le traitement fiscal dépend de la date de vos versements et de l’ancienneté du contrat.
Vous avez un compte bancaire à l'étranger ?
Vous avez l’obligation de le déclarer chaque année via le formulaire 3916, même s’il n’a généré aucun revenu.
L’oubli est sanctionné par une amende de 1 500 € par compte bancaire non déclaré.
Prélèvement à la source : pourquoi déclarer reste indispensable
En 2025, selon votre statut, vous avez payé des acomptes de deux façons :
- Via une retenue à la source sur vos revenus : si vous êtes assimilé salarié, président de SAS par exemple
- Via des sommes prélevées directement par l'administration sur votre compte bancaire : si vous êtes gérant, indépendant, ou si vous percevez des revenus fonciers
En 2026, votre déclaration permet de recalculer votre impôt réel sur la base de vos revenus exacts de 2025.
L’administration compare ce que vous avez déjà avancé avec ce que vous devez réellement.
- Vous avez trop payé : un remboursement aura lieu entre le 23 juillet et le 6 août 2026
- Vous n'avez pas assez payé : le solde à régler en septembre si moins de 300 €, ou en 4 prélèvements de septembre à décembre si plus
Votre déclaration met aussi à jour votre taux de prélèvement à la source, qui s’appliquera à partir de septembre 2026. C’est une bonne occasion de vérifier que ce taux correspond bien à vos revenus réels de l’année en cours.
- Nouveauté 2026 pour les couples : le taux individualisé s'applique désormais par défaut pour les couples mariés ou pacsés. Chaque conjoint a son propre taux, calculé sur ses revenus propres. Le montant total de l'impôt ne change pas, mais la répartition entre vous deux, si.
Charges et avantages fiscaux : à ne pas oublier
Votre déclaration ne sert pas uniquement à déclarer vos revenus. Elle sert aussi à optimiser votre imposition à condition de renseigner les bonnes cases.
- Les cotisations PER et Madelin (pour les travailleurs non-salariés) : si vous versez sur un Plan d'Épargne Retraite individuel ou sur un contrat Madelin (retraite complémentaire, prévoyance, perte d'emploi), ces montants sont déductibles de votre revenu imposable dans des plafonds indexés sur le PASS 2025 (47 100 €).
- La déduction forfaitaire de 10 % sur frais professionnels : accessible aux gérants article 62 comme aux salariés, elle est appliquée automatiquement. Son plafond est de 14 555 € pour les revenus 2025. Si vos frais réels (déplacements, frais de repas, documentation, équipement professionnel...) sont supérieurs à ce plafond, vous pouvez opter pour la déduction des frais réels sur justificatifs.
- L'emploi à domicile : si vous employez une personne à domicile (ménage, garde d'enfants, jardinage...), vous bénéficiez d'un crédit d'impôt de 50 % des sommes versées, dans la limite de 12 000 € de dépenses par an (soit 6 000 € de crédit d’impôt maximum avec majorations possibles).
- Les dons aux associations : les dons versés à des organismes d'intérêt général ouvrent droit à une réduction d'impôt de 66 % du montant donné. Pour les dons aux associations d'aide aux personnes en difficulté (repas, logement, soins…), le taux passe à 75 % dans la limite de 2 000 €.
- Les déficits antérieurs : si vous avez enregistré des déficits professionnels (BIC, BNC, BA…) lors d’années précédentes, vous pouvez, sous certaines conditions, les imputer sur vos revenus actuels et ainsi réduire votre base imposable.
Déclaration de revenus : les questions à vous poser avant de valider
Avant de valider votre déclaration, prenez le temps de vous poser ces questions :
- Mon montant de rémunération est-il correct ? La case 1AJ (ou 1GB pour les gérants article 62) reflète-t-elle ce que j'ai réellement perçu en 2025, avantages en nature inclus ?
- Ai-je déclaré tous mes revenus de capitaux ? Dividendes, intérêts, plus-values... L'acompte prélevé à la source par ma société figure-t-il bien en case 2CK ?
- Ai-je renseigné mes cotisations Madelin ou PER ? Si non, je réduis inutilement ma déduction fiscale.
- Ma situation personnelle est-elle à jour ? Mariage, naissance, séparation en 2025 : tout changement doit être reflété dans la section « Foyer fiscal ».
- Ai-je des comptes à l'étranger à déclarer ? Même dormants, même avec 0 € dessus, la déclaration via le formulaire 3916 est obligatoire.
- Mon revenu fiscal de référence dépasse-t-il 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple) ? Si oui, vérifiez votre situation.
Sécuriser votre déclaration avec les experts Altonéo
Bien utilisée, votre déclaration devient un outil. Elle vous permet de :
- Comprendre votre fiscalité
- Ajuster votre rémunération
- Arbitrer entre revenus professionnels et patrimoniaux
- Anticiper votre trésorerie
Face à la complexité des règles fiscales, vous n’êtes pas censé tout maîtriser seul. Chez Altonéo, nous vous accompagnons pour :
- Fiabiliser vos déclarations
- Éviter les erreurs à risque
- Structurer vos revenus
- Et intégrer votre fiscalité dans une stratégie globale.
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